THE END OF WINTER IN MY SAVAGE GARDEN

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Crédit photo : William Guérin au smartphone pour un résultat plutôt sympa!

Des lignes de houle à perte de vue, un peu de verdure quand même et un brin de solitude pour cette session forte en émotions ; pas tant pour le nombre de vagues surfées mais davantage par l’exigence du moment dans la mise à l’eau et au large pour ne pas commettre d’erreur “fatale” ! Un peu isolé à l’eau avec un terrain de jeu démultiplié par la taille de la houle et pas tout à fait calé comme à l’accoutumée… de quoi bien entamer fraîchement la journée !

La houle me réveilla plusieurs fois cette nuit-là. Avec moins d’un mètre haché par le vent la veille au soir sur les plages, les prévisions étaient probables mais incertaines (comme d’hab!). Elle rentra massive dans la nuit subitement et le vent de sud de la veille tomba de concert. En partant dans la pénombre de la maison au petit matin je sous estima les lignes blanches que je pouvais apercevoir depuis la terrasse. Avec 6’2 et 6’4 dans le coffre je pensais être au mieux pour cette session qui s’annonçait finalement plutôt bonne mais pas parfaite en raison de la houle bien fraîche et du vent de la veille.

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Petit moment de quiétude dans cette partie de rame et de placement.

Si c’était à refaire (une fois de plus !) j’aurais dépoussiérer ma belle 7’2 shapée par le maestro Peter Daniels chez Pukas il y a une dizaine d’année. En effet, sur la petite mer de Bretagne Sud les gros coups sont malheureusement trop rare pour que l’on soit habitué et régulièrement entraîné dans les grosses vagues massives, ce qui nous laisse “oublier” à chaque fois les prérogatives du « Charging » ! Arrivé sur le spot, quelques voitures sont déjà bien postées sur le parking, comme à chaque réveille de la bête, mais à mon grand étonnement toujours personne à l’eau. D’habitude, les bodys se jettent très tôt dans la marée mais là tout le monde est dans l’attente d’une série plus calée et reste un peu estomaqué devant un tel spectacle ! Et c’est samedi tout le monde ou presque à tout son temps sauf moi haha! Au Club WSA, c’est la grande reprise des cours loisirs et le travail m’appelle dès 9h30… Les séries décalent sérieusement dans la baie mais je me dis que ce n’est qu’une question de quart d’heure pour que tout se mette en ordre… Pas tout à fait bien réveillé non plus et ma myopie aidant je chausse donc la 6’4. Je n’ai de toute façon pas le choix de me jeter car c’est la fin de l’hiver et la belle nous émerveille si peu souvent que je ne peux pas passer à côté d’une opportunité de la caresser de près ! On discute, certains copains s’arrêtent et finalement repartent. Fred Thiec et Ronan Gladu ne se mettront pas dans l’eau au caisson et à raison car les conditions sont assez compliquées avec ce fort courant et ces séries qui décalent. Bon bah le temps passe et c’est maintenant ou jamais sinon je vais devoir aller au boulot et bien pire le réveil aura sonné pour rien !!

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Le menu du jour, de bonne heure et de bonne humeur ! C’est le moment où jamais car mon créneau est court après y’a boulot … Crédit photo : Coco Château

L’eau me tire sur les jambes au bord sur cette plage très pentue de gros sable blanc, tellement il y a de courant lors de la mise à l’eau. Je prends mon temps pour choisir la bonne ouverture car dans ce genre de session la patience est de rigueur. L’ambiance matinale est lourde, le ciel est gris il fait frais ou froid je ne sais plus et un dauphin gît à mes côtés sur le sable… Je me sens donc un peu seul ! J’essaie d’attendre le bon moment car ça bombarde pas mal. Je me jette finalement et commence à ramer et c’est à ce moment que je réalise encore davantage que la partie ne va pas être facile.  Ayant mes repères habituels lors des sessions « regular » je m’aperçois que le terrain de jeu est considérablement agrandi et que le courant circulaire auquel je fais face est très puissant. Tout ça en solo et avec un shore break au milieu de la plage  complètement mutant (cf vidéo de Ronan Gladu) à mes fesses lorsque que je me retrouve projeter au milieu de la baie avant de pouvoir rejoindre le line-up après 10 minutes de rame puissante à esquiver les grosses décalentes. S’ensuit un placement attentif pour un choix de vague restreint vu les lourds mouvements d’eau dans les vagues et les lèvres épaisses qui tombent à l’intérieur en faisant un bruit violent et inimitable.

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Une vague blanche intermédiaire après le nettoyage essorage au canard sur la série précédente… 

Je shoote deux trois petits bouts pour me mettre en jambes avant d’essayer de trouver la bonne. Je trouve ensuite une ou deux vagues plus épaisses à fortes sensations même sans tube. Très compliqué d’en trouver ce matin-là mais certaines cavernes à l’intérieur me font halluciner de volume et de puissance. Elles sont presque insurfables tant est elles sont tordues et forment des wedges sur peu d’eau, sans parler du placement pour aller les cueillir…

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Celle de devant est magnifique mais bien tordue et attention à la deuxième que l’on distingue juste derrière… Je vais peut-être éviter de la prendre sur le coin du nez haha! Crédit photo : Frédéric Thiec

Le bodyboardeur du Finistère habitué des lieux Davo Fever ainsi qu’un autre surfeur me rejoignent et m’allègent un peu l’atmosphère pesante. Davo trouvera une très bonne première vague pour ne pas dire la bombe de la session bien calé sur son body. Le soleil se montre timidement, les vagues s’organisent un peu et fléchissent un poil mais je dois partir vaquer à mes obligations. De quoi entamer de fort bonne manière ma journée  L’hiver est fini mais c’est toujours agréable de pouvoir garder en mémoire jusqu’à la prochaine saison ces quelques moments éphémères qui sortent de l’ordinaire !

Ci-dessous en images, le shorebreak du jour bien mutant filmé et monté par Ronan Gladu :

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J’espère ne pas avoir trop romancé le récit de cette bonne session où l’on a, à la sortie de l’eau, des visions plein la tête et l’agréable sensation de se sentir bien “vivant” et en plein éveil des sens et les bras un peu vidés en foulant à nouveau le sable pour rejoindre le parking . Merci à tous mes contributeurs pour les beaux clichés !

Frédéric Thiec : https://fredphotographies.fr/ ; instagram fredphotographies.fr copyright C2018 tous droits réservés

Ronan Gladu : https://www.ronangladu.com/ 

BOARDRIDING AS YOU WANT

Ça fait maintenant un mois et demi que la Bretagne est copieusement arrosée et qu’il fait nuit tôt si bien que nos sessions de Skate hivernales se comptent sur les doigts d’une main… Si bien que j’en ai profité pour monter quelques images de sessions de Kristen dans “Noisy Ride” et d’Anna dans “Pink and Smile for riding!”. A lot of fun comme d’habitude !

Ce qui fait me dire qu’il y a autant  d’approches différentes pour autant de riders qu’il puisse exister. Chacun puise le plaisir du ride à sa manière. Plus ou moins engagé, plus ou moins d’adrénaline pour atteindre ses limites physiques et affectives, plus ou moins de technique pour faire parler sa personnalité,  plus ou moins de régularité dans la pratique pour s’accomplir et plus ou moins de détermination pour se dépasser. Le dénominateur commun reste la sensation de liberté qui permet de s’évader de l’espace-temps normatif de notre vie quotidienne en société et bien entendu les sensations de glisse étourdissantes, enivrantes et pour certaines personnes addictives…

Bref, pour un papa prof de Surf et Skate passionné, c’est un régal de partager ces moments de notre Ride Life Family !

 

COLD AND GREEN POCKETS ON “THE MOULES” ROCK

Sympa de la part de mon pote Gaël Vilain de se proposer de filmer un jour d’hiver où blessé il ne pouvait pas se mettre à l’eau. J’ai donc monté les quelques images et j’en profite pour vous faire une petite présentation de ce spot que j’affectionne particulièrement, comme bien d’autres me direz vous haha !

Les Moules c’est le rocher de la côte. Un très bon endroit pour checker et “faire du parking” au balcon ! Là même où on a tous pu s’initier génération après génération à surfer sur du caillou une petite vague “mécanique” avant de s’aventurer plus loin… Là même où on a pu apprécier de nombreuses sessions au lever ou coucher de soleil dans une ambiance tranquille eau translucide que nous n’avons pas régulièrement sur nos beach breaks. On y a tous découvert à nos frais et avec une certaine naïveté comment bien tomber pour ne pas se mettre la tête sur la dalle, bien canarder sans se mettre les doigts dans les moules, ne pas prendre d’appuis comme un bourrin les pieds dans les moules, faire un take-off dans une vague “creuse et rapide” (différente la encore de la plupart de nos beach breaks guidélois à quelques exceptions … ), éviter le mini haut-bas cul dans la roche, contourner une zone de déferlement autrement que franchir une barre de face sur la plage, se freiner dans le curl pour prendre un shampoing, etc… !

Le peak est un mouchoir de poche où la prise de décision doit être rapide pour ne pas manquer son tour et ne pas “gâcher” les vagues. Chaque session ici comme ailleurs a son lot de vagues vierges… La zone de Surf est étroite et les surfeurs doivent être vigilants pour ne pas gêner le surfeur sur la vague et risquer une collision. Pour profiter à tour de rôle de cette jolie droite dès le take-off, cela demande également beaucoup d’anticipation pour être placé pile dans le bowl parfois au coude à coude, ce qui peut amener de temps à autres quelques confusions de priorité. (Spéciale dédicace à mon pote Augustin Graignic il comprendra c’est sûr haha !)

Et “les moules” c’est aussi une vague super fun et technique avec ce point de take-off précis qui décale peu et une première section bien rythmé que l’on peut exploité différemment suivant son style et ses envies pour enchaîner sur le petit inside qui propose suivant les jours, un petit tremplin dans la fermeture de vague sur la mini passe sableuse collés aux blocs de la falaise que l’on peut surfer à 4 ou 5 peinard parfois en plein hiver et en semaine. La particularité du spot c’est aussi de ne pas franchement tenir la taille. Les meilleures sessions sont souvent autour du mètre.

C’est aussi une vague qui permet d’apprendre aux plus jeunes le sens même “d’attendre son tour”. Même si certains d’entre eux sont souvent à prendre des bouts dans la précipitation plutôt qu’à attendre patiemment les bonnes séries comme les surfeurs plus expérimentés le font souvent, cette vague éduque bien je trouve. Elle permet une évolution dans les comportements car après quelques mises à l’eau les gars se rendent vite compte que ce n’est pas possible autrement qu’avec une règle informelle bien établie. Il arrive régulièrement qu’il y ait de petites mises au point entre surfeurs sur la gourmandise de certains, la méconnaissance des autres, etc… Après je vous rassure,  il y a bien entendu comme presque partout quelques sessions kermesse tous les ans en été le plus souvent, étonnant non ?! Personnellement, s’il y a plus de 10 personnes à l’eau je les laisse s’amuser. Autant s’abstenir et trouver autre chose plus loin.

Pour finir, une session sur cette roche c’est aussi pour le plaisir des yeux une vue bien large sur notre bout de côte du fait de la légère avancée de cette petite pointe dans l’océan : Groix, Keragan et la plage du Fort-Bloqué sur la droite, le grand large dans la face et les Berniques, le Loch et même l’Embouchure ainsi que les falaises découpées de Clohars-Carnoët sur la gauche avec dans les meilleurs jours une vue jusqu’à Concarneau ! Un joli panorama pour attendre les sets et bavarder avec les potos !

THE NICE SPRING BALLAD !

C’est déjà le moment de ranger la cagoule et les gants au placard ! Rapidement les chaussons suivront et c’est dans cette ambiance de printemps que j’ai pu savourer une session tranquille à la maison !

Une faible brise offshore accompagna ce jour là une houle bien rangée et tombante qui me permis malgré tout d’attraper quelques tubes sur le reef bien à sec. Une lumière incroyable dans le tube avec les blocs de roche jaunâtres et brillants aux reflets de l’eau translucide.17758193_282418028870640_1387838460336505070_o Just after the gap, choose your line to cross the section

17807603_282418015537308_5413806318916815457_o Hang on to the wall on the dry reef ! Shallow waves, sunny weather and low wind for a perfect day at home !!!17545471_282418602203916_8273691782693717935_o  Nice green vision under the lip !17834346_282415485537561_9150835726095227529_o Ballad top turn 17758434_282418668870576_8433675221824472762_o 17833983_282418738870569_3303552974917539374_o 17760936_282418782203898_2292514935850265380_o

17807285_282418835537226_1708051004175536018_o Take speed on a small one to cross the section ?

Merci à Yves N’Diaye toujours là à checker les spots pour le plaisir des yeux et qui a pu profiter ce jour là de la  petite ballade printanière !

 

BOARDRIDING WINTER

Mon fils est définitivement dingue de planche à roulettes, ce qui n’est pas pour me déplaire ! Notre petit trip hivernal nous aura permis de découvrir le splendide Skatepark d’Ericeira au Portugal avec un joli pool et une aire de street bien Surf et cezrise sur le gâteau une vue imprenable sur l’océan. J’en profite pour remercier les locaux pour l’ambiance conviviale et bien relax. Special thanks à Clyve et Joran qui à plus de 50 ans démontrent chaque jour que le skate ce n’est pas que pour les gamins haha ! Rock’nroll attitude forever !

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Boneless

Dès notre retour, tout juste posé à l’aéroport de Mérignac, on est descendu rider dans la station de Cauterets, la plus enneigée de France cette année paraît-il (France Info!). C’est aussi une petite ville bien cool qui permet de flâner tranquille après de bonnes journées sur le cirque du Lys. Pour son premier séjour de Snowboard, Kristen s’est montré très vite à l’aise et ce fût un vrai bonheur de ne pas rester cloîtrer sur les pistes vertes et de pouvoir évoluer en famille sur tout le domaine sans attendre tous les 100 mètres, un régal inattendu !!!

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En remontant en Bretagne, on n’a pas pu résisté à faire un stop express dans le quartier Darwin de Bordeaux pour découvrir le topissime park de La Brigade. Au passage, accueil très très cool de Seb Daurel l’une des figures emblématiques de la Vert Ramp en France. Et l’occasion pour Kristen de droper avec papa sa première Big !

Pour le Surf cet hiver, ce fût  beaucoup plus compliqué. En Bretagne pour les mini kids c’est beaucoup plus facile de surfer en été et là je ne vous apprend pas grand chose. On s’est fait tout juste 3 sessions de Surf “father and son” bien encagoulés. Sans doute également parce que Kristen n’est pour le moment pas un grand fan de la machine à laver à l’eau froide…!

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Une chose est sûre, la nostalgie de ces bons moments de trip va vite laisser la place aux journées en tongs et au Surf sans chaussons. Et quelles que soient les conditions “Enjoy the board ride” est notre leitmotiv !

RIDE LIFE FAMILY !

Ride Life Family c’est un petit edit de fin d’année que j’ai monté avec des images prises du team Billon de temps en temps en 2016. Ce clip c’est aussi la joie consacrée de pouvoir enfin rider en famille sans personne sur la touche et de migrer de spot en spot et de pique nique en pique nique pendant la belle saison ! Depuis la Toussaint, l’hiver est déjà bien là pour le Skate comme pour le Surf et les enfants sont en “mode pause” tandis que les parents ne font pas mieux que s’entretenir au rythme des swells !

La grande nouveauté c’est quand même que ma femme, qui en avait un peu marre d’accompagner mon fils au Skatepark pendant que j’étais au boulot, s’est finalement décidée à se mettre au Skate et plutôt avec succès !!!

Pour le reste rien de neuf sous le soleil de Guidel où on espère toujours un nouveau park au béton bien hurlant dans les 3 prochaines années… Et pourquoi pas une WaveGarden pour surfer pendant que c’est flat ?!

FALL AND GO ON

Dernier edit de Kristen avec des images déjà  presque “has been” tant sa progression technique actuelle est constante avec régulièrement de nouveaux tricks sympa sur la mini locale. Avant c’était exclusivement “trop dingue de “se mettre des G d’adrénaline” en Skate”, mais passé 7 ans la dimension technique commence à prendre de l’importance pour tous les kids du Club. On est encore bien loin de la petite surdouée japonaise Sky Brown dont les vidéos font régulièrement le buzz mais le niveau monte !

La deuxième partie bonus est facultative, juste de quoi vous persuader que pour avancer dans n’importe quel pratique sportive il faut accepter de tomber et par la même occasion apprendre à tomber pour se faire le moins souvent de blessures. De ce point de vue, Kristen s’en sort pas mal avec un nombre de chutes assez impressionnantes (je ne les ai pas toutes mises…!) mais dans l’ensemble assez contrôlées entre roulades et glissades. La pratique du Judo me semble d’ailleurs vraiment intéressante pour maîtriser son corps dans l’espace tant il y a parfois quelques similitudes. D’expérience, les chutes les plus dangereuses sont parfois voir souvent les moins impressionnantes et peuvent être dû à un manque de concentration ou à de la fatigue le plus souvent en fin de session, parfois au début. Méditez bien cela pour rester à l’écoute de votre corps et ne pas faire le run ou la vague de trop… Bon ride !

MY FATHER LETS MYSELF GO

Je viens de monter cette petite vidéo de skate de cet hiver filmée vite fait lors d’un petit tour au streetpark de Nantes, d’une session père et fils bowl et street à Lanester et enfin d’un tour de roues sur la big du Hangar que je rêverais d’avoir dans mon jardin ou au moins dans la région de Lorient pour progresser dans cette discipline que je trouve incroyable de vitesse et de sensations ! Malheureusement, ce n’est pas en faisant deux fois par an qu’on peut espérer faire grand chose…

C’est un plaisir que j’attendais depuis longtemps, que de rider en compagnie de mon fils ! De “enfin” partager la session sans devoir être très présent, de ne plus être “contraint” de ne pas rider pour surveiller et même pousser et donc de juste regarder… ! Avec ça, je vais finir par retrouver mes jambes de 15 ans dans un sport que j’ai parfois laissé tombé de longs mois tant il demande de l’entraînement pour évoluer et se procurer un maximum de plaisir.

De son côté, Kristen savoure désormais le plaisir de rider seul, capable de pousser et de se mouvoir dans les parks à sa guise. Le freeride, la liberté à l’état pur, celle là même qui m’a fait me diriger pleinement vers les sports “sauvages” dit “auto-organisés” avec le Skate il y a plus de 25 ans !  Pas de contraintes, libre comme l’air ! Le choix des tricks, l’imagination à libre court, les trajectoires,… Les yeux commence à briller ! Mais avec un père passionné et même on pourrait dire déformé par l’enseignement du Surf et du Skate, il me dit souvent “Papa tu ne me donnes pas de conseils aujourd’hui je fais comme je veux !” . Et autant vous dire que ça me brûle souvent les lèvres haha !!!

Depuis peu, mon mini grom entrevoit les prémices de la glisse dans les corners du bowl sans faire de tricks, il se régale ! Il montre aussi un certain engagement que je tempère quand il faut. Sur le drop du bowl medium vert de Lanester sous surveillance je me mets une bonne montée d’adrénaline parce que le béton ce n’est ni de l’eau ni même le bois de la mini de Guidel Beach, c’est raide et ça peut faire mal. Kristen s’en sort plutôt bien avec la souplesse de son jeune âge sur quelques bonnes tôles dont une à visionner absolument …!

KRISTEN SWITCH SESSIONS 2015 !

Une petite compil Surf et Skate des sessions de Kristen en 2015. Une bonne demi année à se perfectionner en regular en Surf comme en Skate puis un nouveau questionnement sur son stance à la Toussaint lors d’un séjour de vacances à Biarrtiz. Tout petit, je le pensais goofy puis contrarié dans ses appuis pour tourner et faire des kick turns, je l’ai incité à se remettre en regular vers 4 ans pour ses “vrais débuts”. De plus, sa difficulté à pousser sur le plat en regular et cette tendance à pousser et rouler en goofy sur le flat commençait à le déranger. Alors à l’occasion de ces vacances sympa où on pouvait rider presque tous les jours, on a tout repris en goofy avec une adaptation rapide de Kristen. c’était réglé en une semaine ! Si ça paraît être son stance sans doute naturel en Skate, en Surf ses rares essais (pas souvent top en Bretagne le temps pour les minis groms…!) en Goofy n’ont pas été si évidents et un peu frustrant par moment même si il sait maintenant à peu près faire son take-off dans les deux sens. On verra cet été de quel côté revient le feeling ! L’engagement et la technique viennent surtout en pratiquant régulièrement mais ici en Bretagne ça fait 3 mois que l’eau est trop froide pour surfer et 3 mois qu’on n’a pas vu le soleil, qu’il pleut presque tous les jours et qu’il donc est difficile de skater dehors sur le park local… On aura peut-être un bel été pour se consoler !

LA CONFIDENCE

1503-GrosDan003Les dernières semaines m’ont donné l’inspiration naturelle pour vous écrire cette petite confidence… C’est, en effet, en parcourant le world wide web, çà et là ces derniers temps, que m’en est venue l’idée. A force de voir des perles déferlées en line-up sur mon écran, c’était trop d’émotions. Pourquoi mettre à nu des spots aussi discrets que fantastiques ? Les photographes s’en foutent ou n’ont-ils pas tous la même culture et sensibilité surf ? Certains ne se souciant d’aucune confidentialité quant aux indices dévoilés sur les photos de vagues méconnues du plus grand nombre.

Pour la petite anecdote, Il y a une quinzaine d’année Gaël Blouët, cousin éloigné du Porzay, hot local de La Palue toute sa jeunesse et aujourd’hui shaper en charge de la production chez Channel Islands, me parlait de ses sessions solos ou quasi solo lors de mes passages réguliers dans son atelier de Crozon. Une vague improbable et rare mais d’une qualité exceptionnelle que j’ai eu la chance de découvrir un peu plus tard. Je ne sais pas s’il a vu comme moi dernièrement ce line-up et ces nombreuses photos et vidéos mais cela a dû lui faire tout drôle.

Pour partager il faut faire confiance. On ne donne pas ses infos que l’on a collectées avec le temps sur plusieurs années au premier venu. Il y a des choses que l’on peut dire et des choses que l’on se garde bien de dire. Ce n’est même pas égoïste c’est juste un sentiment d’affection pour un endroit et d’appropriation qui vient au fil du temps qui passe et des sessions que l’on enchaîne sans encombre. Hé oui le partage à ses limites même si c’est dur à dire et à entendre.

Pour ce qui est des photos une exhibition technique en plan serré ne donne en rien des indications de localisation sur le spot si on prend au moins la peine de ne pas poster le jour de la session ou dans les jours suivants le hod-up ! Pour une exhibition de line-up, là c’est beaucoup plus compliqué. Et pourtant que j’aime voir des line-up, que c’est beau, que ça me transcende ! Ça fait tellement rêver et travailler votre imagination de surfeur.

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Alors si on vous donne, vous prenez évidemment, mais si vous cherchez et tâtonnez la saveur n’est pas la même. L’investissement personnel et humain dans votre passion pour les vagues vous permettra de partager des bons moments à l’eau avec d’autres riders qui vous respectent parce que vous respectez les règles de convivialité, de bienséance et de confidentialité sur des spots peu connus. Parce qu’ils savent que vous vous exprimez avec réserve et c’est ainsi que naît cette confiance dans le partage.

Donc le « tout de suite tout cuit » dans le bec ça m’exaspère un peu…

Ainsi, l’amour qu’il me reste de certaines vagues que j’ai longuement côtoyé durant mon exil étudiant brestois de 6 belles années, et auxquelles je pense régulièrement, est devenue une certaine forme de richesse culturelle surfistique intérieure qui me donne un certain recul sur l’évolution du Surf en général. Nous avons tous des spots où la première session s’est méritée au bout de quelques expéditions et dont même sans photos vous gardez quelques images gravées à jamais.

Ainsi, les techniques de recherche ont évolué. A Brest, on répertoriait sur une carte routière avec les potes les différents bons breaks ou tout du moins ce que l’on pouvait trouver à se mettre sous la planche. A force de passage sur certains endroits on finissait par bien les connaître et finalement par scorer un jour parfait et vivre des moments magiques en petit comité… ! Ce que j’avais nommé dans une petite étude sociologique « La pratique du surfeur itinérant stratégique » Force est de constater que cette époque est déjà révolue.

Ces derniers temps, l’envie de partager ou d’exhiber des spots est trop forte ou trop facile et s’accélère donc à la vitesse de la fibre optique. Aujourd’hui, sans mettre le nez dehors et en restant derrière un clavier on recoupe des informations météos avec des photos de divers forum ou réseaux sociaux pour préparer sa prochaine virée… Beaucoup moins de charme et humainement faible mais diablement efficace.

Montrer, publier c’est faire découvrir mais il y a manière et manière de faire avec plus ou moins de retenue c’est-à-dire sans problème sur les spots réguliers et connus d’une majorité de surfeurs. Certes un line-up plein les yeux à 180° avec le maximum de décor c’est magnifique. Mais que reste-t-il de la belle confidence faite quelques années plus tôt à un ami ?

S’il est normal que sur tout spot la fréquentation tende à s’accroitre naturellement et que nous n’avons pas d’autre choix que de l’accepter, pas la peine d’accélérer le phénomène. Mais le vrai secret que vous avez construit et gardé depuis des années à grand coups d’escapades et de connaissances empiriques parce qu’il ne marche que 5 fois dans l’année ? Doit-on dire dès à présent que dans nos zones côtières peuplées et Google maximisées il n’y a plus de secrets qui tiennent ? Doit-on abdiquer face aux déferlements d’informations continues ?

Si on met au grand jour l’un de vos spots les plus chers, vous le vivrez telle une trahison. Bon certes, on reste dans le domaine des loisirs mais quand même un peu de retenue serait la bienvenue. Et pour autant que le localisme primaire, grégaire ne soit pas permis de mon point de vue, on peut comprendre parfois les agacements de certains locaux discrets. Pour le reste à l’eau comme dans la vie de tous les jours, seul le respect peut imposer le respect.

Pour ce qui est de la divulgation, on se justifie parfois ainsi : « ça ne marche jamais de toute façon et ceux qui l’ont vu au détour d’un écran ne s’en rappelleront pas la prochaine fois. » Mais justement quand ça marche, cela pourrait tellement être l’occasion d’une bonne session bien tranquille…

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Le problème de tous ces point breaks ou slabs qui s’apprécient avec les grosses et/ou longues houles de l’hiver ici avec un vent de nord ou là avec un vent de sud c’est que souvent le peak n’y est pas bien large et qu’ils sont souvent très liés au phénomène de réfraction autour d’un cap, d’une pointe ou autres. Les séries peuvent donc être longues à venir… Donc si la fréquentation du spot s’accroît de façon exponentielle, mathématiquement c’est juste la mort du spot… Et je connais plus de monde à se mettre au surf qu’à arrêter le sport des rois hawaiiens. Vous en connaissez beaucoup des surfeurs qui mettent la planche au placard ?! Donc un conseil si vous en avez marre de partager, si vous êtes aigris de ne pas en attraper assez et que vous souhaitez vous sevrez, mettez-vous à la course à pied ou allez compter les carreaux à la piscine vous serez peinard ! (Joke Inside, second degré obligatoire…)

Ci-dessous, petit interview de mon ami Kristen “K2000″ Pelou en guest qui répond à mes petites questions et s’exprime sobrement sur le sujet du jour avec toute l’expérience et la maturité qui le caractérise :

- Dans quelle mesure publies-tu un line-up ? Quels sont clairement les motifs qui peuvent parfois t’en empêcher ?

Cela fait tout d’abord TRES longtemps que je n’ai pas publié le moindre line up.

Quand je fais une image, il y a d’abord l’intérêt de faire ou non cette image, faire une image de ce que l’on voit ou bien la garder dans sa tête comme un souvenir qui va parfois se bonifier avec l’âge comme tous les bons souvenirs.

Une fois la photo réalisée, le but est de la partager, faire un tirage, la publier. Je ne gagne plus ma vie avec la photo de surf même si j’ai sans doute apporté ma petite pierre à l’édifice de la médiatisation du surf local.

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- La population surfe va croissante et parallèlement l’information passe beaucoup plus vite qu’il y a 20 ans d’où une surpopulation programmés de secret spots. Tréboul en est très certainement le symbole en Bretagne. Qu’en penses-tu ?

Le problème n’est pas de publier la photo. Je dirais qu’à un moment, une époque, les photographes étaient pointés du doigt parce qu’ils montraient des choses qui ne devaient pas être vues. En Bretagne, quand, le problème ne concernait qu’une poignée d’individus, ces fameux “itinérants stratégiques” introduits dans l’œuvre de ta vie, ça allait. Aujourd’hui, la population surf a plus que décuplée (t’es pas prof de surf Dan ??) et parallèlement, les moyens d’informations sont bien plus performants qu’avant. Il y a 20 ans, tout le monde attendait le Trip Surf ou le Surf Session qui sortait une fois par mois ou le guide StormRider publié tous les 4 ou 5 ans. Chacun lisait son petit magazine dans son coin et même si une image retenait l’attention, le mieux que l’on pouvait faire c’était de la montrer à des potes et d’en discuter. Aujourd’hui, une image qui apparaît quelque part sera vite partagée mais surtout commentée et analysée par tout un tas de gens que l’on ne connait souvent pas. Analysée pour en connaitre le lieu, la date, les conditions.

Et comme c’est un peu dans la nature humaine de vouloir briller, de montrer que l’on sait, il y aura toujours un mec pour lâcher le morceau pour avoir sa minute de gloire virtuelle (plein de j’aime sur sa page FB, belle récompense). Les premières photos de Tréboul ont dû sortir dans un Stormrider il me semble ou dans un des premiers TripSurf sur la Bretagne mais dans la pratique, les langues sur le parking parlaient déjà depuis un bon moment de cette gauche légendaire de la pointe Bretagne. Les mecs qui connaissaient le lieu ont emmené des potes qui ont à leurs tours emmené des potes et c’était parti. Ça a été comme cela pour moi mais c’est un peu la même histoire partout. Pour les Kaolins, les gars du coin étaient tellement fiers de pouvoir dire qu’ils avaient dans le coin une vague qui tabassaient qu’ils en parlaient d’eux même. Ça a fait boule de neige sur les forums naissants et la foule a rappliqué.

Pour le côté pratique, à Trétréboul comme aux Kaos, Il n’y a qu’un peak, le spot est full avec 10 personnes à l’eau. Au-delà de ce nombre, il y aura toujours les 5-10 mêmes mecs qui prendront les vagues, les autres se contenteront des restes. Tout le monde connait les règles en se mettant à l’eau ; râler ensuite à propos de la surpopulation et mettre une sale ambiance à l’eau ne règlera pas le problème mais feras de toi un connard de plus à l’eau !!

De mon côté, j’ai un peu lâché l’affaire sur cette histoire de secret spots, pas si secrets ou vraiment secrets etc, etc,… je n’en parle pas, un point c’est tout. L’important pour moi est plus de prendre du plaisir à aller surfer, même si je ne prends pas énormément de vagues, je suis en général content d’être à l’eau, de shooter des images, de surfer ou de voir d’autre gars prendre de bonnes vagues. Ça me met le smile et je sors rarement frustré d’une session. Il n’y a pas d’histoire de performance, de quota de vagues ou de rentabilité d’une session de surf qui sont, pour moi, autant d’éléments qui contribuent à mettre une sale ambiance.

Coté photographes, difficile de jeter la pierre à ceux qui postent des photos sur internet alors que j’ai moi-même diffusé des images de spots peu connus dans la presse (de Bretagne ou d’ailleurs). J’ai toujours tenté d’inciter les gens à la recherche sans donner trop de précisions sur le lieu mais au bout du compte, on voit le résultat.

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- Quand on est photographe on a forcément envie de partager la beauté de ses images mais avec plus ou moins de retenue. Penses-tu que les photographes amateurs d’aujourd’hui se lâchent parce qu’ils sont démunis de culture surf ou te sens tu “vieux con” spécialiste de la censure ?

Le monde change et évolue, Daniel, ça n’a pas grand chose à voir avec la culture surf. Tu as les réseaux sociaux, les blogs, les forums, twitter, FB, Instagram, Google …, et tous ces trucs sur lesquels tu peux partager ta vie avec le reste de la planète. De gens que tu ne connais pas mais qui t’aime quand même et plus il y en a, mieux c’est. Il faut exister et pour exister, il faut pondre de l’actu, de la news, des infos fraiches, des photos pour gagner des followers et avoir des likes et si pour avoir des likes, il faut publier des photos, on publie des photos … C’est le XXIeme siècle mec. En exagérant, on peut presque se demander si faire une session de surf (faire son footing, du ski et toute autre activité) sans ensuite la publier sur FB vaut vraiment le coup, a-t-on vraiment fait cette session si personne ne l’a likée ?

Chacun voit les choses selon son propre point de vue, je n’ai pas vraiment de leçon à donner la dessus. La retenue, la censure, pourquoi faire des photos si c’est pour ne pas les montrer. Si tu fais une photo d’un spot, tu fais un cadrage dans lequel tu inclus tel ou tel élément qui rendra ta composition intéressante. Si tu estimes avoir une photo qui tue, pourquoi ne pas la montrer ? Libre à chacun ensuite de se montrer critique envers le travail publié en fonction de différents critères : artistique, informatif … ? Au siècle dernier, lorsque j’ai publié mes premières images, les magazines cherchaient des photographes et n’en trouvaient pas. J’avais l’occasion de publier une ou deux photos par mois, j’envoyais même des photos pas très nettes et le maquettiste se démerdait pour que ça ressemble à quelque chose sans trop râler. Aujourd’hui, on peut publier 10, 100, 1000 photos par jour si on veut. L’idée est juste de savoir trier les images et ne publier que celles qui le méritent. Ça s’apprend, comme tout.

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La réalité est là, il ne suffit pas d’acheter une go-pro pour se transformer en Don King du jour au lendemain et on n’a malheureusement pas tous le niveau de J.O.B ou plus localement de Vincent Duvignac, pour se filmer dans des barriques bien ventrues en slip de bain fluo. Donc, si malgré des résultats très peu flatteurs, vous continuez à vous filmer avec vos go-pro et si vous continuez à shooter à tout va, si l’audience apprécie le travail, continuez, faites-vous plaisir, il en sortira peut-être du bon un jour !

De mon côté, j’aime bien surfer tranquille, j’ai fait pratiquement tous mes trips dans des endroits que peu de monde fréquentait. Sur la Bretagne, plein de photos de spots dorment dans un coin et attendent de nouvelles images pour les compléter, un projet sur le très long terme pourrait-on dire.

De façon générale, dans mon travail personnel, je privilégie la démarche, le pourquoi de la photo. Il faut tout d’abord trouver l’idée qui vaut le coup : le bon sujet, le bon endroit au bon moment avec en plus une bonne raison d’appuyer sur le bouton. Rassembler ensuite ces images, les trier pour présenter un ensemble cohérent. En bref, quelque chose qui retient l’attention pour que je puisse briller à mon tour !