LES GOUTS ET LES COULEURS A SUNSET COMME AILLEURS … !

Comparer des courbes taillées au rasoir en mode formule 1 avec des pops à tous les coins de vague style moto cross, ce n’est  tout simplement pas le même registre et cela n’est pas toujours destiné aux mêmes type de vagues.  Les aerialists n’ont qu’à bien se tenir, passé les deux mètres à part pour quelques dizaines d’extraterrestres, la vague impose à nouveau son rythme basique et sa logique, celle d’une glisse toute en courbes et de la meilleure trajectoire dans le barrel, ce qui n’occulte en rien, bien au contraire, la notion d’engagement et de radicalité. Il n’y a qu’à voir les performances lors du dernier Sunset Pro dans 4 à 5 mètres de vagues alternant parfois heavy sections à barrels,  faces massives et bumpy full carving pour réaliser que cette partie de la discipline a encore toute sa place dans les références surfistiques de tout un chacun. Point d’airs, point de rodéo, de kerrupt, slob, etc… Même John John s’est ouvert le genou en ratant sa réception dans une zone de la vague bien mouvante en tentant un alley oop de fin de vague. Kelly s’essaya également sur un air reverse sans succès dans le tumulte de l’inside bowl et plia les gaules après avoir pourtant scoré la vague la plus étonnante la veille (un gros tube en gauche à 20 secondes de la fin du heat… rappelons pour ceux qui ne connaissent pas que Sunset est un point break en droite) En passant quelques Heats Analyzer du jour précédent le pic de houle à nos élèves du Club, c’était assez marrant de constater qu’ils ne comprenaient pas où se situait le haut degré de performance. Ils s’ennuyaient presque alors que nous autres moniteurs étions en transe (j’exagère un peu … !) A côté de ça le moindre ollie pop, 360 ou petit air dans une vague de 1 à 2 pieds les font exultés ! Juste une histoire de goût ou certains n’ont peut-être pas encore la couleur pour décoder les sensations vues à l’écran. A Sunset c’est en effet un autre challenge, c’est le surf le plus basique, simple, puissant et engagé qui s’impose. Pas de fioritures mais tout de même quelques claims ! Certes dans l’inside on aimerait voir les planches se réduire un peu mais pour partir au fond rien de tel qu’un bon semi gun pour les gars qui allongent des bottoms puissants avant de tuber de temps en temps ou le plus souvent de lacérer la vague sous la lèvre ne pouvant pas trop la smasher au risque de se retrouver éjecté et laminé 3 mètres plus bas !
Sur le même sujet c’était à la fois étonnant et satisfaisant de voir dans un interview (surfeuropemag.com) de Marc Lacomare à quel point il estimait le power surfing lui qui excelle dans les airs. Est-ce une affaire de goûts ou de mode pour surfer en conformité avec les attentes du moment ? Une chose est sûre les petites vagues tricky sont plus fréquentes un peu partout dans le monde que les boulevards de J-Bay… Et les surfeurs développent forcément souvent un répertoire en concordance avec le type de conditions dans lesquelles ils surfent le plus souvent. Je porte là juste un avis sur la question sans aucun jugement. Personnellement, je crois que tout me fait envie dans le surf et les gars les plus complets sont ceux que j’admire le plus. Dorian, Slater, Andy
Pour exemple, depuis quelques temps, la mode du roundhouse cut-back 90’s a laissé la place à de gros carves puissants mais moins bouclés, plus agressifs et proche de la rupture mais moins fluides sans doute que les 8 enchaînés de la génération Momentum, Rob, Taylor, Kelly and co… Ils en avaient fait merveille dès le milieu des 90’s. Autre exemple, le blow the tail à un petit peu soufflé la place au off the lip dans les milliers de clip Surf sur le net. Si tu ne fais pas déraper tes dérives aujourd’hui t’es hasbeen ! Enfin, le air reverse à toutes les sauces envahit les spots. Jusqu’à l’écœurement pour ma part. En effet, je préfère voir un fly grab par-dessus une section et ensuite un air reverse, bref pourquoi pas des airs mais avec plus de variété. Dans ce registre, JJF, Julian, Medina et Toledo me semblent être les boss du moment. Comme un trick sur un trottoir, la répétition à l’infini sur une « section tremplin » idéale d’un spot calé permet cet apprentissage oubliant et effaçant parfois le rythme du déferlement de la vague. Il n’est plus là question de faire la vague mais bien d’exécuter le move de l’année ! Fort heureusement pour tous les amoureux de la glisse, si l’on observe le style de surf du Champion du monde 2012, Joël Parkinson, ou de notre Florès national, le « power surfing » et la glisse ne sont pas morts loin sans faut, mais ils se destinent à des vagues parfaites d’un minimum de taille.
Reparlons ici de Jérémy : Il s’est procuré pour ses entraînements quotidiens une rampe de skate avec un bac à mousse expliquant qu’il devait à tout prix étoffer son répertoire de manœuvres aériennes pour se donner le maximum de chance dans la quête du graal. En effet, John John, Medina, Kerr, Julian ou Toledo ont quelques kilomètres d’avance dans ce domaine. Cela pourrait donc lui servir sur certaines étapes du World Tour afin de gagner en régularité dans ses résultats. On peut penser que c’est un choix légitime de compétiteur mais que ce n’est donc pas que par pur plaisir que certains s’envoient en l’air ! Cela sent un peu le conformisme à l’image des airs reverse à répétition, aseptisés et sans saveur de Jadson André, une injure à la vague ! Je me fais ici l’avocat du diable pour poser la question de la mode et des époques dans les boardsports. En skate idem. Certains ont remis au goût du jour les vieilles Powell à grosses roues privilégiant la vitesse et le style aux techniques flippy tricks bien que là encore certains sont capables de tout ! Adaptez vos boards et vos envies aux vagues que vous avez sous le pied est sans doute la clé d’un surf fun, joli, varié, agréable et efficace !
Bonne réflexion à vous, la nuit vous éclairera !

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